| Carnet de Zénon
De paradoxes en apophtegmes |
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| Publi le dimanche 13 juin 2004J'avais environ cinq ans, mon grand-père maternel me " capturait " et me berçait tout en écoutant ses airs d'opéra préférés - sur disques 78 tours, fallait-il le préciser - Serait-ce de là que me vient mon amour immodéré (1) de la musique ? Il me semble avoir aimé tous les genres musicaux : populaire, country-western ( qui se souvient de Lucille Star ? ), jazz ( Take 5 écouté au moins 1,200 fois...), classique, folklorique, électronique... De la Bolduc à Gilles Vigneault, des valses viennoises à Shostakovitch, de Louis Armstrong à Led Zeppelin, Pink Floyd, Kraftwerk, Modern Jazz Quartet, Swingle Singers... la liste pourrait s'allonger, s'allonger, mais à quoi bon ? J'ai écouté beaucoup, longtemps, j'ai aimé beaucoup, j'ai été ravi et tranporté par la musique, envoûté même. J'ouvrais la radio au réveil, la fermais à mon coucher et la rouvrais en pleine nuit aux époques d'insomnie. Encore enfant, j'avais reçu en cadeau un petit radio transistor avec écouteur ( qui blessait l'oreille à la longue ), et pince crocodile que je branchais à mon sommier métallique ; parfois, tard ou même durant la nuit, j'étais émerveillé de capter des radios états- uniennes... J'ai écouté la musique sur des 78 tours, des 33 tours, des 45 tours, des cassettes 8 pistes, 4 pistes, des bobines de magnétophone de 7 pouces, des walkman ( baladeurs ), des postes à pile solaire et maintenant sur ordinateur. J'ai lu des propos de musiciens, des biographies de musiciens, des analyses musicologiques. Je suis allé à l'opéra, au théâtre, au cinéma. J'ai collectionné les versions d'une même oeuvre ( 8 versions des Tableaux d'une exposition de Moussorgsky )... J'écoutais de la musique en lisant, en écrivant, en mangeant, en lavant la vaisselle, en dépoussiérant les meubles, en conduisant mon automobile. Et maintenant, maintenant il me semble qu'il y a trop de musique autour de moi : au restaurant, au bar, au supermarché, dans presque tous les magasins, au téléphone, quand toutes les lignes sont prises, on m'impose de la musique ! Et maintenant, je ne peux plus! J'ai goûté les fruits du silence. Silence qui n'est jamais absolu. Et quand j'écoute de la musique, je ne fais que cela. Ce qui est tout à fait zen : quand je marche, je marche ; quand je mange, je mange ; et quand j'écoute de la musique, j'écoute! Je suis tout là ! Et puis, il y a la musique en moi, dans ma tête si je puis dire ; du Bach surtout. Parfois Beethoven, Schubert et son Notturno, Carmina Burana, Bach encore, mais Bach en jazz. Quelques airs d'opéra, des chansons de Léveillée et de Brassens. Ce n'est pas très contemporain ou actuel. En tout cas, pas à la mode du jour ! Mais c'est ainsi que je vis la musique maintenant. J'écris ceci à l'extérieur, sous le parasol : j'entends quelques chants d'oiseaux, le vent dans les feuilles, des rires et des cris d'enfant au loin, et un peu plus loin, des cloches d'église. Dans ma tête, quelques mesures du Printemps de Vivaldi, le mouvement lent... Le bonheur !
Note : Dans les jours à venir, des textes sur Bach, Glenn Gould ; des citations et propos de musiciens, des liens, des " curiosités " . Par zénon • 2004-06-13 21:04:11 Permalien | • Réflexions 2 Commentaires : Commentaire crit le lundi 14 juin 2004 à 16:58:39 (lien) Zénon Merci et j'espère que tu publieras d'autres billets sur le sujet Zénon Commentaire crit le lundi 14 juin 2004 à 08:19:50 (lien) Peintre charmant - http://www.artvisuelnews.levillage.org/journal/ Sans silence, point de musique, et c'est sûrement preuve de sagesse (oui oui) d'être à l'écoute de sa musique intérieure. Bravo pour ce billet inaugural et vivement la suite... Ajouter un commentaire |
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